







«En 2010, je disputerai ma quinzième année chez les professionnels. Je ne sais pas s'il y en aura une seizième...» A 37 ans, Alexandre Moos est tout proche de la sortie. Mais il n'a pas encore dit son dernier mot. Plus que sur la route, qu'il délaissera considérablement, c'est en VTT qu'il a encore quelques prétentions. Avant de ranger son vélo, il espère d'ailleurs bien frapper encore un grand coup.
Récemment, le Miégeois a donc rencontré ses patrons, Andy Rihs, propriétaire de l'équipe BMC, John Lelangue et Jim Ochowitz, les deux directeurs sportifs. Il était question de son avenir. Si John Lelangue a fait le forcing pour qu'il rempile une saison sur la route, Alexandre Moos a fini par obtenir satisfaction. Ainsi, il restera contingenté dans le groupe sur route. Mais il planifiera sa saison en fonction des courses de VTT, de cross-country tout particulièrement. «Je disputerai des courses en début de saison qui me serviront à préparer les épreuves de VTT», explique-t-il. «Après quoi, à l'exception de l'un ou l'autre rendez-vous, je me concentrerai sur le bike. En 2009, j'ai trop couru et trop souvent passé d'une discipline à l'autre.»
Sa préparation hivernale sera d'ailleurs axée sur le VTT même s'il débutera avec un camp de dix jours à Majorque, en décembre, aux côtés d'autres coureurs de l'équipe. Au début de l'année, il accompagnera les routiers de BMC en Californie pour le traditionnel camp outre-Atlantique. Ainsi, il y a de fortes chances pour qu'il zappe la saison de cyclocross. «La décision n'est pas encore définitive. Mais je ressens une certaine fatigue. Depuis début juin, jusqu'à la mi-octobre, je n'ai eu que deux week-ends sans épreuve. J'ai aussi eu cinquante jours de course sur route. C'est bien plus que ce qui était prévu.»
«Je suivrai une formation de directeur sportif»
En principe, Alexandre Moos devrait donc disputer les étapes de la coupe du monde de cross-country, ainsi que quelques marathons. C'est d'ailleurs dans cette discipline qu'il affiche un objectif bien précis. «Je viserai le titre mondial du marathon», clame-t-il. «En cross-country, j'espère progresser. J'aviserai en fin d'année si je repartirais ou non pour une seizième saison. Il n'est pas exclu que BMC monte une petite structure internationale de VTT en 2011. Andy Rihs a été très content des retombées liées à mes succès l'été dernier. Il a bien conscience que le marché du mountain-bike est important pour lui.»
Le Miégeois voit encore plus loin. S'il n'a jamais caché son désir de rester employé par BMC, de tester notamment du matériel pour l'entreprise suisse, il a également d'autres vues. «En fin d'année prochaine, je suivrai la formation de directeur sportif. Elle pourrait m'être utile à l'avenir.»
Incontestablement, ses principales victoires en VTT lui ont donné des idées. On rappelle qu'il a remporté le titre national du marathon, qu'il a gagné l'Eiger à Grindelwald et surtout le Grand-Raid. «En outre, j'ai battu le record du parcours lors de ces deux courses. Par contre, je n'ai pas fait grand-chose sur la route. Autant au Dauphiné qu'aux championnats de Suisse, alors que j'avais de super jambes à l'entraînement, j'ai été freiné par une allergie. Elle m'a aussi handicapé lors des championnats de Suisse de cross-country. Mais une semaine plus tard, je fêtais le titre en marathon...»
En 2010, c'est le titre mondial qu'il tentera de décrocher. L'apothéose, peut-être, d'une carrière déjà très bien remplie sur tous les fronts.
La fête fut belle quand même, sauf que nous avons peut-être vécu le dernier cyclocross de SIon, faute d'utilisation du site des casernes.